Entrevue avec Ian Rosen, vice-président aux activités numériques chez Harry Rosen

Par: Harry Rosen Editors

« Habituellement, les gens ne décident pas subitement qu’ils veulent travailler avec leur père », plaisante Ian Rosen, vice-président au contenu numérique et aux stratégies (et petit-fils de Harry). Comme plusieurs jeunes hommes, il a exploré ses avenues pendant quelques années avant de trouver sa voie. Après avoir mis l’accent sur les sports, flirté brièvement avec le monde du cinéma, fait ses preuves à l’école de commerce de l’Université Western et accumulé de l’expérience en consultation de gestion, Ian a trouvé sa passion, qui était sous son nez pendant tout ce temps. « J’évoluais dans le secteur financier en sachant que cela n’irait pas plus loin. J’ai commencé à aimer le défi de lancer quelque chose sur le marché et d’analyser la réaction des gens. » C’est ainsi qu’il est devenu la troisième génération de Rosen à travailler chez nous, et il a très hâte de voir ce que l’avenir lui réserve.

Nous l’avons appelé pour discuter de la façon dont il a grandi autour de l’entreprise familiale, de ses mauvais choix vestimentaires du passé, de son horaire de travail à la maison, de leadership, et de l’importance de « donner le ton ».

Quand avez-vous décidé d’intégrer l’entreprise familiale? Saviez-vous déjà que c’est ce que vous feriez éventuellement?

Le parcours de mon père [Larry Rosen, président et PDG actuel] est intéressant. Il était avocat, et tandis qu’il voyait son père bâtir cette entreprise, il se disait qu’il voulait vraiment y jouer un rôle.

Comme les affaires étaient déjà bien établies quand je suis né, j’ai plutôt eu la réaction contraire, de ne pas vouloir en faire partie. Je voulais me prouver que je pouvais accomplir davantage.

J’ai travaillé en consultation dans le commerce de détail [après avoir obtenu mon MBA] et tous les problèmes que je résolvais tournaient autour de ces enjeux : avez-vous une stratégie numérique? Qu’est-ce que le commerce électronique? Comment démarrer une entreprise en ligne? Après avoir tiré le maximum de cette expérience, je me suis demandé ce que j’avais envie de faire. Je voulais aider un détaillant à développer sa stratégie numérique. J’étais à Chicago à ce moment-là, et je me suis dit : « il y a déjà des magasins que j’adore, un peu plus au nord… » Je suis très fier de l’entreprise que mon grand-père et mon père ont bâtie. Je me suis donc retrouvé au poste même que je m’étais juré de ne jamais occuper, mais il me remplit de confiance. Quand j’ai senti que nous avions les bonnes pratiques – mon père et moi nous efforçons de ne jamais parler affaires pendant les repas en famille –, nous avons discuté ouvertement des manières de les mettre en œuvre, et j’ai sauté sur l’occasion!

Qui a donné le ton à votre jeunesse?

C’était très inspirant de regarder mon grand-père et mon père définir leur identité commerciale et fonder une entreprise dotée d’une grande culture. Quand on compare les activités que mon grand-père a déployées et celles que Larry a soutenues lorsqu’il a pris les rênes au début des années 2000, il y a une différence marquée, mais la base se ressemble. Les deux approches consistent à aider un client à la fois, tout en respectant profondément la qualité des produits.

Sans oublier qui on est, on doit être attentif au marché et aux demandes de la clientèle. Cette pensée m’a toujours aidé dans mes nouveaux projets : comment puis-je y laisser ma marque? Je n’aime pas les gens qui rejettent tout d’emblée et veulent tout recommencer. Je préfère me servir des fondations déjà en place et les amener dans une autre direction. Je pense que c’est ce qui a contribué à notre succès.

Quel est le meilleur conseil que votre père et votre grand-père vous ont donné?

J’ai fait des visites de magasin avec mon grand-père pendant des années, ce qui m’a vraiment inspiré. Il dit toujours bonjour aux gens. Il demande aux clients comment nous pouvons les aider et discute avec eux, partage ses réflexions avec eux. Il me donnait souvent des conseils judicieux, par exemple celui-ci : on ne sait jamais comment une expérience positive se transformera au fil du temps. C’est ainsi qu’il a bâti son entreprise. Ce n’était pas la manière facile de le faire, mais c’est l’engagement qu’il a pris, et qu’il a maintenu partout au pays. De nombreuses personnes ont une histoire à raconter à son sujet : Harry qui s’occupe lui-même des clients, qui fait lui-même les retouches d’un complet, et autres. J’ai tellement appris en le côtoyant. De son côté, Larry m’a amené une approche très ciblée et motivée. Il encourage les gens à aller de l’avant quand ils ont des idées, à miser sur l’offense plutôt que la défense. Les deux hommes m’ont appris beaucoup de choses.

Que signifie le style pour vous?

Je ne dirais pas que j’ai du style, mais je me suis toujours soucié énormément de ce que je porte et de la façon dont je me présente. Je crois que mon style a évolué et j’ai acquis une certaine appréciation des nouvelles collections, marques et tendances. Je porte attention aux plus petits détails, ceux qui permettent de faire bonne impression plutôt que d’avoir l’air de choisir des articles au hasard.

Mon raisonnement est le suivant : si je ne me sens pas confortable dans une tenue, je ne la porte pas. Si je ne suis pas à l’aise avec certains produits accentués de logos, je ne les porte pas. Je ne ressens pas le besoin de forcer la note. J’aime notre campagne « Donner le ton », parce qu’elle évoque la confiance associée au style vestimentaire. Si vous vous sentez bien chaque jour dans ce que vous portez, vous êtes bien parti.

Quels ont été les faux pas mode de votre jeunesse? Les complets et cravates n’étaient surement pas au rendez-vous; avez-vous eu une phase rebelle?

Honnêtement, mes erreurs de style du passé sont nombreuses, mais je les résumerais à des encolures en V un peu trop prononcées, une quantité exagérée de boutons ouverts sur mes chemises habillées, et des jeans démesurément ajustés. J’ai aussi eu des cheveux hérissés qui étaient… discutables, disons.

Je ne dirais pas que j’étais rebelle, mais je ne faisais pas du tout honneur à l’élégance vestimentaire de l’entreprise familiale. Je me rappelle entre autres de bottes Timberland que je portais absolument partout, qu’elles soient appropriées ou non, été comme hiver.

Comment avez-vous géré les défis vestimentaires de la dernière année?

Le confort est devenu essentiel, bien sûr. Je me dois de mentionner que j’ai pris du poids pendant la COVID. Je me demandais des choses comme : « quand je m’assoie, est-ce que ce pantalon me fait toujours? » Après tout, lorsqu’on doit rester assis à son bureau, les vêtements doivent passer ce genre de tests.

Après deux semaines de confinement, j’ai fait beaucoup d’efforts pour continuer à m’habiller avec soin, comme si je devais me rendre à un rendez-vous important (même si ce n’était pas le cas). Je portais beaucoup de vestons-cardigans, de pulls et de superpositions, parce que la température chez moi a tendance à osciller de très froid à très chaud. Les jeans de marque Paige m’ont servi encore et encore, parce qu’ils sont très extensibles. J’ai souvent opté pour les pantalons sport-chics de BOSS, de Patrick Assaraf et de Moncler. Ils sont confortables, mais je ne sentais pas que j’étais en survêtement. Je pouvais maintenir une allure présentable.

Avez-vous adopté certaines habitudes quotidiennes que vous recommanderiez pour le travail à domicile?

Ma fille a décidé que toute la famille devait se lever à 6 h, donc c’est ce que nous faisons et nous allons marcher dès le réveil. J’écoute souvent des podcasts – habituellement reliés aux technologies – et j’essaie d’apprendre quelque chose tôt dans la journée. Ensuite, je fais mes appels avant de prendre place à mon bureau. C’est la difficulté du travail à la maison : les heures filent, il ne reste plus de temps entre les réunions et nous finissons par oublier de bouger physiquement, même pour aller chercher un verre d’eau. J’essaie de diviser mon temps de façon plus réfléchie, de prendre de l’air et de marcher un peu. J’utilise mon iPad pour lire et répondre à des courriels; ainsi, j’évite d’être toujours à mon bureau.

Vous êtes père depuis peu de temps. Est-ce que cela a changé votre perspective? Avez-vous reçu des conseils qui vous aident à montrer la voie à suivre à votre enfant?

Honnêtement, c’est ma fille qui me montre la voie à suivre. Peu importe ce qui se passe dans le monde en ce moment, elle déborde de joie. Que demander de plus? En cette période un peu folle, elle est ma constante. C’est formidable.

Côté conseils, je privilégie la mise en place d’habitudes et l’appréciation de cette routine. J’ai manqué l’heure du bain une seule fois depuis la naissance de ma fille. Je lui donne un biberon chaque soir, sans exception. C’est un moment entre elle et moi, que j’adore. Il me sert de repère, peu importe ce qui s’est passé durant la journée.

Qu’est-ce qu’un véritable leader, selon vous?

Mon approche consiste à essayer d’autonomiser les gens qui travaillent pour moi. Ne « surgérez » pas; laissez les individus déployer leurs ailes, vous surprendre, et saisir les occasions qui s’offrent à eux. En même temps, montrez-leur que vous êtes prêt ou prête à les aider et les soutenir. Plutôt que de leur dire de résoudre les problèmes, travaillez avec eux pour y arriver. Collaborez sans vous contenter de dicter des règles. Les leaders qui agissent ainsi sont ceux pour lesquels j’ai adoré travailler.

Je crois aussi à l’importance d’une attitude positive. Dans un contexte aussi incertain, vous gagnez davantage à rendre chaque interaction calme, posée et stable, à garder l’esprit concentré. C’est une des approches que je vise en tant que leader.

Dernière question : que signifie l’expression « donner le ton » pour vous?

Pour moi, cela consiste à être présent pour les autres, de manière à ce qu’ils puissent puiser dans cette énergie que vous dégagez. Quand vous vous découragez, les autres se découragent aussi. Au contraire, si vous agissez avec enthousiasme, ce dynamisme sera contagieux. Je crois que Harry Rosen a toujours voulu « donner le ton » à ses clients et à leurs succès. Nous les aidons à se sentir aussi bien que possible durant les journées importantes, par exemple un mariage, un entretien d’emploi ou une occasion spéciale. Nous voulons qu’ils présentent la meilleure version d’eux-mêmes.

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