Q&R de Harry : Le prospect de la NFL canadien Chuba Hubbard et l’importance d’un état d’esprit positif, de redonner et des complets de bal de finissants

Par: Harry Rosen StaffDate: 2021-04-28

Il est plutôt rare qu’un canadien fasse des vagues dans le football universitaire américain, mais c’est exactement ce que le demi offensif de 21 ans Chuba Hubbard a réussi à faire depuis sa percée en 2018 lors de sa première année universitaire. Depuis ses humbles et inarrêtables débuts comme joueur de football dans sa ville natale d’Edmonton, Hubbard a poursuivi une carrière universitaire qui a généré beaucoup d’intérêt.

Il s’est illustré avec un sommet au sein du football universitaire en courant pour 2094 verges lors de sa deuxième saison et a reçu la reconnaissance unanime All-American (i.e. le meilleur joueur de sa position respective). Il a obtenu le titre de joueur offensif de l'année de la Conférence Big 12 et fut voté huitième dans le vote du Trophée Heisman (le plus grand nombre de votes jamais obtenus par un joueur canadien pour la récompense la plus prestigieuse de ce sport). Il est maintenant à deux pas de potentiellement atteindre le summum lors du repêchage de la NFL ce week-end.

Hubbard, ancienne star de l'athlétisme, est renommé pour sa vitesse explosive et son approche intrépide au jeu, mais il est autant déterminé hors du terrain, s'efforçant de donner le bon exemple pour les jeunes qui le suivent. Le meilleur exemple de cela est lorsqu’il a fait la manchette en 2019 pour avoir interpellé son entraîneur-chef Mike Gundy, parce qu’il s'était fait prendre en photo portant un t-shirt d’un média d’extrême droite. Ce franc parler est quelque peu étonnant considérant l’habituelle dynamique asymétrique entre ces grands programmes de football et leurs joueurs. « Ce genre de situation teste le caractère », dit Hubbard. « Je ne veux pas rejeter quelqu’un parce qu’il agit à l’opposé de moi – tout le monde a ses propres expériences - mais je ne vis pas avec des regrets, j'essaie simplement de faire ce qui est bien.»

Hubbard veut toujours aider son équipe à gagner et se soucie tout autant d’aider les gens dans le besoin. Il est conscient de l'opportunité de sa tribune et malgré son jeune âge et toute la pression du football universitaire, il a quand même trouvé le temps de débuter son propre organisme à but non lucratif pour lequel il a de grandes ambitions. Nous nous sommes entretenus avec Chuba en Californie via Zoom pour discuter de football, d'être un leader, de redonner et de complets de bal de finissants.

Le repêchage est à nos portes – êtes-vous excités ? Nerveux ?

Je me sens prêt plus qu’autre chose. J’ai vraiment hâte que ce soit fait, même si j’ai eu beaucoup de plaisir durant le processus.

J’ai pensé débuter l’entrevue avec l’histoire du jeune Chuba qui fait une visite chez Harry Rosen. Votre mère voulait vous acheter un complet pour le bal de finissants, n’est-ce pas ?

Oui, je n’avais jamais eu de complet comme celui-là de toute ma vie – un superbe complet. Ma famille n’a jamais été riche, mais mon bal de finissants était très important pour moi puisque je passais à Oklahoma State. Le fait que ma mère (et ma famille) ont pu m’acheter un complet de chez Harry Rosen était vraiment très spécial. Je me suis senti comme un professionnel, un homme d’affaires. Je ne m'étais jamais senti comme ça auparavant. Quand le bal de finissants a eu lieu je me sentais vraiment bien ! J’ai fait tellement d’efforts pour réussir à me rendre jusqu’à Oklahoma State et le complet de Harry Rosen était comme si ma mère me disait tu as travaillé fort, tu le mérites, sois fier de toi, sens-toi bien dans ce complet. C'était génial.

Est-ce que vous vous êtes fait remarquer à votre bal de finissants ?

J’avais vraiment un beau look. Je montrais mon complet à tout le monde (rires). Habituellement je n’aime pas me faire prendre en photo, la caméra m’intimide, mais ma mère adore en prendre alors ce soir là j'étais d’accord.

Comment définissez-vous votre style personnel ?

Je change toujours mais j'aime particulièrement le look d'affaires décontracté. Je suis aussi le genre de gars qui va porter de très belles chaussures avec n’importe quoi – je crois que ca rehausse vraiment le look. J’aime être bien mis. J’aime avoir l’allure d’un jeune homme noir sophistiqué, alors quand j’ai l’occasion de m’habiller plus élégamment j’en suis fier.

Que signifie pour vous donner le ton dans le sport ou dans la vie ?

Donner le ton veut dire pour moi d’établir un niveau de standard, que ce soit sur le terrain de football ou dans la vie en général. C’est viser un standard pour vous-même et les gens qui vous entourent. Quand j'évolue sur le terrain je veux être, et être le meilleur joueur. Mis à part le football, je veux montrer ce qu’un homme devrait être, ce qu’un leader devrait être.

Et d’où cela vous vient-il ?

Définitivement de ma famille. J’ai vécu tellement d'expériences différentes et déterminantes dans ma vie qui m’ont transformé et fait de moi ce que je suis devenu aujourd’hui. Ma famille, mes amis, mes expériences et tous les gens qui m’encouragent ont contribué à définir mon état d’esprit actuel et à me rendre où je suis.

Retournons à vos débuts de joueur de football en Alberta. Vous êtes passés d’un petit groupe de spectateurs composé de quelques amis et membres de votre famille à une foule de 50 000 passionnés d’Oklahoma State. C’est un grand saut de passer du football d'école secondaire en Alberta au système universitaire américain. Comment avez-vous vécu cela ?

Tout est dans l'état d'esprit. Je pense que plusieurs personnes du Canada ou d’ailleurs peuvent joindre la NCAA s’ils veulent jouer à un si haut niveau, c’est vraiment une question d'état d’esprit et d’amour du football. La NCAA est excellente, elle vous donne tout ce dont vous avez besoin mais c’est énormément de travail. Ce qui m’importe le plus… Je suis quelqu’un qui fait toujours l’effort supplémentaire pour atteindre ses objectifs. Je n’abandonne jamais. Je veux toujours m'améliorer et meilleurs sont les gens qui m’entourent. J’applique ça dans tout ce que je fais, vraiment, et ça a toujours bien fonctionné pour moi.

Comment faites-vous pour puiser au fond de vous-même et relever ces défis ?

À mon arrivé à Oklahoma j'étais le prospect classé numéro un au Canada et puis je commence avec Oklahoma State et j’obtiens les quatre dernières répétitions avec la quatrième chaîne au bas de la charte des positions. J'étais dans l’adversité mais tout est dans la manière d’y faire face. Qu’il vous arrive une bonne ou une mauvaise chose il faut savoir en tirer quelque chose – sinon on ne fait que perdre son temps. Je suis un homme qui craint Dieu alors je suis pleinement la voie du Seigneur et je m’y tiens.

Vous êtes encore aux études, vous jouez sous pression au football et vous trouvez quand même le temps de redonner avec votre organisme. Que pouvez vous nous dire à ce sujet ?

Il y a près de deux ans j’ai mis sur pied un organisme à but non lucratif nommé Your Life, Your Choice qui vient en aide aux enfants qui vivent dans un environnement négatif afin de les aider à vivre des expériences dans un environnement positif tout en leur transmettant des valeurs et des habiletés de leader pour les aider à se développer, à devenir des citoyens actifs dans la société et dans la vie.

D'où vous vient ce désir d’aider les gens ?

Mon éducation familiale et mes expériences. Tout le monde à ses problèmes, ma famille en a eu, j’en ai eu aussi, mais j’ai surtout eu un excellent réseau de soutien autour de moi qui m’a aidé à me rendre où je suis. Je me considère chanceux et je réalise que ce n’est pas donné à tout le monde. Je veux pouvoir donner un coup de main à ceux qui en ont besoin.

Que signifie pour vous être un leader sur le terrain et dans la communauté ?

Pour ce qui est d’être un athlète spécifiquement, je me sens privilégié d’avoir cette tribune et il est de mon devoir de redonner de toutes les manières possibles soit avec mon organisme ou simplement en donnant l’exemple en tant que personne qui représente son pays et sa communauté.

Merci Chuba et bonne chance au repêchage !