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Porte par lagrâce

 

Pour la plupart des Canadiens, Andre De Grasse semblait arriver de nulle part – le p’tit nouveau sur les blocs de départ des Jeux Panaméricains de 2015, à Toronto, qui remporta les épreuves du 100 et du 200 mètres pour le Canada. Le pays adorait sa vitesse, son sourire et son charme naturel. Et le pays s’enthousiasma pour l’histoire de cet athlète – le jeune homme de Markham, Ontario, élevé par sa mère qui en fit un fervent catholique et qui n’avait couru que des sprints depuis le secondaire 5, lorsqu’un camarade d’école le persuada de s’inscrire à une course de 100 mètres. Pour l’épreuve, De Grasse avait revêtu un vieux short de basketball et chaussé des vieilles baskets et n’utilisa pas de blocs de départ – il ignorait comment s’en servir. Il termina la course en 10,9 secondes, ce qui fit une forte impression sur le vétéran entraîneur et ancien athlète olympique, Tony Sharpe, qui devient son premier conseiller.

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Même si Andre De Grasse endosse le prêt-à-porter sans problème, le programme du sur-mesure de Samuelsohn lui a permis d’avoir le privilège de choisir les tissus performance qu’il préférait.

 

 

Depuis ce jour, De Grasse ne cesse de retrancher des fractions de secondes de ses performances : 9,92 secondes lors des Championnats du monde de 2015, à Beijing; 9,91 aux Olympique de Rio, en 2016, où il remporta trois médailles, une première en athlétisme pour un Canadien. Il n’avait que 21 ans.

 

Lequel de ces exploits chérit-il le plus ? « Cela va vous surprendre, mais je dirais celui des Jeux Panaméricains. J’étais plus jeune, je courais devant les miens; je ne voulais pas les décevoir. La pression était plus grande qu’aux Olympiques ! »

 

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« Un tas de gens ne me voient jamais en tenue habillée parce que je suis toujours en vêtements d’athlétisme » de dire Andre De Grasse. « Alors quand ils me voient en complet, ils font : « Wow ! Tu as tout un style ! » Surpris hein ! »

 

 

De Grasse a fait le saut chez les professionnels à la fin de 2015, avec un contrat de 11-millions 250-mille dollars chez Puma AG, le plus important premier contrat de l’histoire de l’athlétisme. « Sans doute un des plus beaux jours de ma vie, » dit-il, « bien que ce jour-là j’avais peine à y croire. Je donnais des entrevues, j’apposais ma signature sur des lignes pointillées mais tout cela me semblait irréel. En tout cas, jusqu’à l’arrivée du premier chèque deux mois plus tard. »

 

Nous avons rejoint Andre De Grasse, en novembre dernier, à l’université Southern California à L. A., où il terminait des études en sociologie, tenant ainsi une promesse faite à sa mère – et à lui-même. Malgré un horaire serré après Rio, il prit le temps de venir passer quelques weekends au pays – pour un défilé en son honneur à Markham et être fêté par les Toronto Raptors lors d’un match de basket. Mais surtout passer du temps avec la famille et des amis, regarder des films.

 

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« J’aime porter de beaux vêtements en dehors des pistes d’athlétisme. Ça me fait sentir à l’aise et confiant et sortir de la bulle obsédante de l’athlète. » PRINTEMPS/ÉTÉ 2017 51 Afin de souligner la collaboration de M. De Grasse à cet article, Harry Rosen a fait un don à l’organisme Speed Academy, de Pickering, en Ontario, où Andre De Grasse s’est entrainé au tout début de sa carrière.

 

 

En ce moment, il est enfoncé une fois de plus dans les régimes de ses entraîneurs, à Phœnix, en Arizona, où il s’entraîne avec l’élite de l’organisation ALTIS. C’est là que commence le dur labeur. « Ouais, tous les maux et les souffrances, toutes les nausées durant l’entraînement, » explique-t-il avec un petit sourire triste. « Quand même, arrivé là-bas vous êtes prêt et vous êtes libre et pouvez y prendre plaisir. Mes coachs me disent de m’amuser – mais moi j’ai aussi envie de gagner. »

 

Andre De Grasse s’est amusé aux Olympiques en se liant d’amitié avec Usain Bolt. « C’était formidable, » rappelle-t-il, « se mesurer à l’homme le plus rapide au monde. Mes premiers Jeux, ses derniers. Les gens disent qu’il m’a passé le flambeau de la gloire et c’est une sensation vraiment sensass. C’est un honneur. C’est à moi maintenant de le mériter. J’ai hâte d’en avoir la possibilité. »

 

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